TRAMES

Installation à la Fondation Vasarely à Aix-en-Provence.

TRAMES

À la Fondation Vasarely, à Aix-en-Provence, Étienne Rey a installé, dans la salle des Intégrations architectoniques, un ballet visuel hypnotique.

« Trame instabilité » est un travail en cours de recherche. Le projet s’appuie sur des principes d’occultations partielles en couches, associées à des trames qui font émerger une dimension immatérielle. L’expérience de perception de ces motifs produit un basculement : le motif réel passe au second plan pour laisser place à l’émergence d’une figure du vide. C’est dans ces blancs immatériels que des formes apparaissent et vacillent, occupant tout notre champ visuel. Ces apparitions virtuelles, purs phénomènes optiques, n’existent pas dans notre monde « physique ».

Ce qui est en jeu ici, c’est l’émergence de motifs virtuels, issus de la relation entre une réalité physique (grandeur et ordonnancement des trames) et notre physiologie perceptive. Face à ces motifs, ce qui saute aux yeux, plus que le motif réel, c’est sa résultante instable et éphémère, qui fait apparaître une richesse de figures géométriques se transformant avec le temps d’observation et le point de vue.

Sur ce principe de dispositif optique, le travail de chaque motif, lié à un séquençage de trames, conduit à faire apparaître des compositions et des émergences de formes spécifiques. Cette expérience perceptive explore les notions d’instabilité, de flux et d’émergence, et donne à entrevoir des formes que l’on retrouve dans la nature : dessin du pelage d’un zèbre, accumulation de bulles de savon, ou encore compositions chimiques issues de la théorie de la morphogenèse de Turing.

  • L’œuvre « Trames Instabilité » (voir aussi cet article) d’Étienne Rey montre comment les principes anatomiques de la formation de l’image sur la rétine peuvent être mobilisés dans l’art. L’artiste dispose des motifs élémentaires sur une grille hexagonale dense et rythmique. Une seconde grille, superposée en profondeur, crée un effet de moiré d’oscillation plus lente. Cette œuvre est calibrée pour entrer en résonance avec les limites induites par l’anatomie de la rétine. Les deux échelles entrent en résonance avec l’arrangement des photorécepteurs et produisent une impression d’instabilité. Les points semblent s’organiser en alignements périphériques, suggérant une organisation en profondeur ; mais cette perception disparaît dès qu’on tente de la saisir, à la faveur d’un mouvement oculaire (par exemple une saccade), ce qui invite à la remplacer par une autre.

Sortie modèle

En collaboration avec le chercheur Laurent Perrinet, CNRS-AMU / Institut de Neurosciences de la Timone.

  • Trame, Élasticité et Écran n°3 ont également été présentés au festival Ososphère, à Strasbourg, en avril 2017.

Voir aussi

Laurent U Perrinet
Laurent U Perrinet
Researcher in Computational Neuroscience

My research interests include Machine Learning and computational neuroscience applied to Vision.